samedi 18 février 2012

Saint-Nazaire et le Figaro... suite

En aucun cas, contrairement à d'autres , je ne critique le ressenti des forces de police répercuté par le journaliste du Figaro, et encore moins la pertinence ou l'efficacité de leurs efforts; c'est l'explication un peu simpliste de la mécanique de la cité et le poids des facteurs locaux  dans son origine que je conteste.
Par nature, les forces de police sont plongées dans le côté glauque de la société ; elles affrontent en permanence le pire dans la vie des familles mais aussi font face au développement de l'action de ceux qui veulent vivre de la prédation qu'ils exercent sur la population souvent la plus faible. Il est donc normal que leurs membres répercutent leur quotidien. Et rien n'est faux dans les faits présentés même s'ils sont dérangeants.

A Saint-Nazaire, la population n'a pas changée , si ce n'est qu'elle a vieilli, depuis le début des années 80 à l'exception d'une forte immigration Africaine, alors déjà un peu présente par la Casamance, et  plus récemment turque.
Il y a trente ans notre chômage était l'un des plus graves de France ; notre industrie allait très mal.
Ce n'est plus  le cas aujourd'hui sauf pour la navale.  Or il y a longtemps maintenant que la navale n'est plus la première industrie de notre cité et que ce rôle est tenue par l’aéronautique. Mais il est vrai que les chantiers, les bateaux qu'ils construisent font partie de notre âme collective.

Il y a trente ans,  il n'y avait pas que des saints dans notre agglomération, c'est certain ; mais, venant de Grenoble, j'avais  apprécié un certain calme, une sécurité indéniable.  Néanmoins j'avais été frappé par le phénomène connu sous l’appellation d"alcoolisme matriarcal breton" qui faisait, d'ailleurs, l'objet de quelques publications.
Dés le début des années 1990, j'étais conduis, es qualité de directeur de la Stran, à mettre en place sur la ligne de nuit, que j'avais crée en 1983, des agents d'ambiance pour juguler une dérive agressive qui était loin de n'être que le fait de "bretons alcooliques".
Mais, il y a trente ans, notre centre ville était peuplé par des couples de jeunes adultes avec enfants, il accueillait aussi les commerces et le tertiaire nécessaires au pays nazairien, Auchan sortait tout juste de terre. Jusqu'à 19 h le centre était animé.
Cela n'est plus ; notre centre est tombé en déshérence et comme la nature a horreur du vide.. le remplacement que ce soit des commerces ou des populations qui aboutira à terme à un nouveau départ, passe par des étapes  peu agréables :
La présence d'une population en clochardisation alcoolique est devenu de plus en plus prégnante, contribuant d'autant à affaiblir l’animation de notre cité. Des ordures trainant toute la journée au milieu de l'avenue de la république, mal entretenue, créent cette impression de ville dégueulasse et à l'abandon que l'on entend souvent évoqué par les habitants mais pas par le Figaro.
Les quartiers ouest d'habitats collectifs résidences, il y a a trente ans, d'actifs, n'ont pas vu les enfants de ceux-ci remplacer leurs parents. Les conditions de cohabitation avec des populations dont les us et coutumes sont fortement différentes ont certes joué un rôle, les pressions directes sur les ménages des trafiquants pour exercer leur trafic aussi à Saint-Nazaire comme ailleurs en France. J’espère que l'action  de la police en réduit l'impact.

Nous n'avons pas à nous sentir, nous nazairiens, coupables, ni comptables d'une situation dont les facteurs nous sont extérieurs et sur lesquels nous ne pouvons pas avoir d'effets.


2 commentaires:

B.B. a dit…

Bonjour,
Excellent diagnostic ………..LA VILLE DE ST NAZAIRE où je réside depuis 2006 est au niveau propreté pire que certaines rues du XXéme Arrdt à PARIS
MERCI

Anonyme a dit…

j'en parlais il y a qq mois avec une policière amie : elle me disait ne "faire que du social" et que je ne pouvais imaginer les horreurs qu’elle voyait, dont notamment relativement aux enfants, ce qui restait pour elle, après plus de 20 ans d’exercice , tjs aussi insupportable.

ok aussi sur "le" (au sens générique) clochard du centre ville que je "fréquente" chaque fois que je vais à carrefour market, et qui n'est pas l'ouvrier désespéré mentionné par l'article de presse, mais, si on peut tirer une typologie rapide de l'observation, plutôt âgé et africain.

c'est vrai que le très mauvais entretien du centre ville dont République est assez époustouflant. Et de doctes études urbaines ont aussi montré en leur temps que le mauvais entretien génère un sentiment d’insécurité